Ah, Cuba ! Une île pleine de charme, de rythme et d’histoire, mais qui se retrouve aujourd’hui face à un défi d’une ampleur… disons, monumentale. Imaginez un peu : pendant plus de vingt ans, le pétrole vénézuélien n’était pas qu’une simple commodité pour La Havane. C’était un véritable coussin de sécurité macroéconomique, un pilier de stabilité sociale et même un point d’ancrage géopolitique qui a façonné toute une région. Mais voilà, le vent a tourné. L’intervention américaine au Venezuela et la chute de Nicolás Maduro ont créé une onde de choc qui frappe désormais de plein fouet l’économie cubaine. Ce qui était un soutien solide s’est transformé en un trou béant, plongeant l’île dans une ère d’incertitude économique. Comment une nation, déjà si dépendante de ses importations énergétiques, va-t-elle naviguer dans cette nouvelle mer agitée ? C’est une question qui taraude bien des esprits, et pas seulement ceux des experts en politique étrangère.
Le pays, qui nécessite environ 110 000 barils de pétrole par jour pour faire tourner ses moteurs, n’en produit localement qu’environ 40 000. Historiquement, le Venezuela comblait ce manque crucial, offrant des conditions financières si avantageuses que Cuba n’avait presque pas à s’inquiéter de sa facture énergétique. Aujourd’hui, avec la pénurie de pétrole qui s’aggrave, les répercussions sont déjà visibles : des coupures d’électricité de plus de douze heures, des rayons de magasins vides, et une population qui se demande comment elle va faire face. Un véritable choc pétrolier qui secoue les fondations de l’île. Alors, mettons les choses au clair, sans langue de bois, mais toujours avec l’objectif de comprendre ce qui se passe et, pourquoi pas, d’en tirer quelques leçons pour l’avenir.
En bref : Ce qu’il faut retenir de la situation cubaine
- ⛽ Fin du soutien vénézuélien : Le pétrole vénézuélien, autrefois pilier de l’économie cubaine, est désormais quasi inexistant suite à l’intervention américaine et la chute de Maduro.
- ⚡ Crise énergétique profonde : Cuba est énergétiquement dépendante, produisant seulement 40 000 barils/jour pour un besoin de 110 000. Les coupures d’électricité dépassent les 12 heures dans certaines régions.
- 📉 Impact économique dévastateur : Le PIB a chuté de 5% en 2025, le tourisme est en berne, l’agriculture souffre, et l’inflation atteint 31%.
- 🌍 Pressions géopolitiques : Les États-Unis ciblent indirectement Cuba en coupant ses sources d’approvisionnement, créant une dépendance énergétique encore plus dangereuse.
- 🤝 Alternatives insuffisantes : Le Mexique et la Russie ont tenté d’aider, mais leurs livraisons sont instables, coûteuses et soumises aux pressions américaines.
- 💡 Mesures d’urgence : Cuba rationne le carburant, l’électricité, réduit la semaine de travail, et tente de développer le solaire, notamment avec la Chine.
- 🚨 Risque humanitaire et migratoire : La crise énergétique menace les services essentiels (hôpitaux, alimentation) et pourrait entraîner une augmentation des flux migratoires vers la Floride.
Le rôle crucial du pétrole vénézuélien dans l’économie cubaine
Revenons un instant sur l’histoire, car pour comprendre le présent, il faut connaître le passé. Pendant plus de vingt ans, le Venezuela a été bien plus qu’un simple fournisseur pour Cuba. C’était un partenaire stratégique, un ami idéologique. L’accord, initié par Hugo Chávez en 1999 et formalisé en 2000, était un échange de bons procédés : du pétrole à des conditions ultra-avantageuses contre des services cubains, notamment des dizaines de milliers de médecins et de personnels de santé. Ce n’était pas du troc au sens strict, c’était une alliance qui a permis à Cuba de respirer malgré l’embargo américain et a donné au Venezuela un système de santé inclusif, comme l’a si bien dit Chávez en 2012. Le pétrole vénézuélien a servi de véritable « subvention extérieure », un soutien inestimable qui a permis à l’économie d’État cubaine de fonctionner, même avec une productivité modeste et un accès limité aux marchés financiers mondiaux.
Cette relation, institutionnalisée par l’ALBA en 2004, a vu les livraisons atteindre jusqu’à 115 000 barils par jour entre 2005 et 2013, couvrant ainsi près de 60 % des besoins de l’île. C’était un bouclier macroéconomique, une source de stabilité sociale et un pilier géopolitique contre l’influence américaine dans la région. D’ailleurs, n’oublions pas que Cuba a aussi apporté un soutien significatif à l’appareil sécuritaire vénézuélien après la tentative de coup d’État en 2002. C’était une alliance de survie politique, où chaque baril de pétrole contribuait indirectement à la stabilité des deux régimes. Mais comme toute bonne chose a une fin, la mort de Chávez en 2013, suivie par la crise vénézuélienne et les sanctions américaines, a progressivement érodé ce modèle. En 2024, les livraisons ne dépassaient plus les 40 000 barils par jour, obligeant Cuba à chercher des alternatives coûteuses comme le brut russe ou mexicain. C’est un peu comme passer d’une offre tout compris à devoir payer chaque service à la carte, et à prix d’or ! Pour approfondir cette dynamique, vous pourriez lire cet article sur les conséquences du déclin de Caracas sur l’économie cubaine.
L’incertitude économique : Quand Washington souffle sur les braises
L’année 2026 marque un tournant brutal. La capture de Maduro et le gel des exportations vénézuéliennes ont laissé Cuba à nu. Le 5 janvier 2026, le président Miguel Díaz-Canel a dû convoquer une réunion d’urgence, actant un rationnement drastique des carburants et de l’électricité. Imaginez la scène : des centrales thermiques, dépendantes à 95 % du pétrole importé, qui tournent au ralenti, réduisant la génération électrique de moitié. Les conséquences sont immédiates et douloureuses : à Santiago de Cuba, des manifestations ont éclaté le 5 janvier, des habitants excédés par des coupures qui gèlent les réfrigérateurs et tarissent les robinets. C’est une crise énergétique qui frappe le quotidien de millions de personnes.
L’économie cubaine, déjà fragilisée par une inflation galopante (31 % en 2025 selon la Banque centrale), est au bord du gouffre. Le tourisme, qui représente 10 % du PIB et constitue une de ses rares sources de devises, est directement impacté. Des hôtels à Varadero ont vu leurs réservations s’envoler, les touristes européens et canadiens fuyant l’instabilité énergétique. Le secteur, déjà malmené par la pandémie et les sanctions américaines, peine à se relever. L’agriculture aussi souffre, avec des agriculteurs signalant des pertes de récoltes faute d’irrigation, aggravant les pénuries alimentaires chroniques. C’est un cercle vicieux, où chaque coupure d’électricité et chaque litre de carburant manquant amplifie les difficultés. Pour comprendre les enjeux mondiaux du pétrole en 2026, un article sur les tendances et défis du secteur pétrolier pourrait vous éclairer.

Quand la politique étrangère devient un levier énergétique
Ce qui rend la crise actuelle si particulière, ce n’est pas seulement l’absence de pétrole, mais la manière dont cette absence est orchestrée. L’administration américaine, avec des figures comme Marco Rubio, a clairement Cuba dans le viseur. En ciblant le Venezuela, Washington a indirectement asphyxié Cuba, sans même avoir besoin d’un embargo direct. La stratégie est subtile, mais redoutablement efficace : décourager les pays tiers de commercer avec Cuba en augmentant les « coûts » (tarifs punitifs, risques de réputation, complications bancaires). Cela pousse le marché à se « retirer » de lui-même. C’est ce que l’on appelle l’innovation géo-économique du choc de 2026, où l’énergie devient un outil de coercition rapide, frappant des variables physiques immédiates : électricité, transport, accès aux soins.
Le Mexique, un temps pressenti comme alternative, a finalement suspendu ses livraisons suite aux menaces de l’administration Trump d’imposer des droits de douane. Même la Russie, qui fournissait environ 10 000 barils par jour, peine à compenser ce manque. Ces « nouveaux » fournisseurs n’offrent ni la même souplesse financière ni le même degré d’intégration politique que le Venezuela. Conséquence : les importations de pétrole de Cuba sont tombées à zéro en janvier 2026 pour la première fois depuis 2015, selon les données de Kpler. C’est un blackout presque total en matière d’approvisionnement, qui a des répercussions bien au-delà des coupures d’électricité : les hôpitaux annulent des opérations, les transports publics sont réduits, et les pénuries alimentaires s’aggravent. C’est une véritable démonstration de force où la dépendance énergétique est exploitée comme une arme.
Les défis multiples de la crise énergétique cubaine
Face à cette situation, le régime cubain tente de s’adapter, mais c’est une lutte de tous les instants. Le gouvernement a annoncé une semaine de travail de quatre jours pour les entreprises d’État, la réduction des transports interprovinciaux, et des journées scolaires plus courtes. Des mesures drastiques pour économiser le peu d’énergie disponible. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a conditionné l’aide future à des paiements en devises, ce que Cuba peine à mobiliser, avec des réserves limitées à 10 milliards de dollars en 2025. Même la Chine, bien que premier partenaire commercial de Cuba, ne peut pas résoudre tous les problèmes. L’accord de décembre 2025 pour 5 000 panneaux solaires est un pas dans la bonne direction, mais les délais de livraison de deux mois ne règlent pas l’urgence du moment.
Les conséquences de cette pénurie de pétrole se font sentir sur plusieurs fronts :
- 🚌 Transports : Les transports publics sont drastiquement réduits, rendant les déplacements quotidiens très difficiles.
- 🍎 Alimentation : La distribution alimentaire est chaotique, les chaînes du froid sont rompues, et l’agriculture souffre du manque de carburant pour les machines.
- 🏥 Santé : Des hôpitaux fonctionnent sur générateurs, annulant des interventions chirurgicales et manquant de fournitures médicales essentielles.
- ✈️ Tourisme : Le manque de kérosène a poussé les autorités à suspendre le ravitaillement des avions pour un mois, entraînant l’annulation de vols internationaux, comme ceux d’Air Canada.
- 💸 Devises : La chute du tourisme réduit drastiquement les recettes en dollars et en euros, aggravant l’incapacité à financer les importations, y compris de carburant.
Cette spirale négative est préoccupante. Le Centre officiel d’études de l’économie cubaine (CEEC) a estimé une contraction du PIB de 5 % en 2025, marquant une chute de plus de 15 % depuis 2020. Le document pointe du doigt une « dynamique de l’économie cubaine cohérente avec l’utilisation d’un modèle économique obsolète », soulignant le manque de réformes structurelles. La crise énergétique agit comme un catalyseur, amplifiant toutes les fragilités existantes. C’est un scénario complexe où la dépendance historique et les pressions géopolitiques se conjuguent pour créer une situation explosive.
Pourquoi le soutien vénézuélien était-il si crucial pour Cuba ?
Comment les États-Unis influencent-ils la crise énergétique à Cuba sans imposer un embargo direct ?
Quelles sont les principales conséquences sociales de la pénurie de pétrole à Cuba ?
Quelles alternatives Cuba explore-t-elle face à la crise, et sont-elles suffisantes ?
Quel est l’impact de la crise sur le secteur touristique cubain ?
Il est important de prendre rendez-vous avec un conseiller financier avant tout investissement.


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