Depuis des décennies, Washington a toujours eu un œil admiratif sur l’Inde, la voyant comme un pilier stratégique inestimable sur la scène mondiale. Géante démocratie, riche en potentiel et en ressources, elle semblait le partenaire idéal pour contrer la montée des régimes autoritaires. On l’a encensée, soutenue, même avec un « altruisme stratégique » qui ne demandait pas de retour immédiat. Mais l’horizon s’est assombri, et ce qui était une évidence s’est transformé en un complexe enjeu diplomatique. Comment une relation si prometteuse, fondée sur des valeurs partagées et des intérêts convergents face à la Chine, a-t-elle pu, sous le second mandat de Trump, basculer vers la défiance, les tarifs douaniers et une rhétorique pour le moins piquante ? C’est une histoire de réalignement, de priorités économiques revues et d’une Inde qui, bien loin d’être un simple pion, revendique de plus en plus son propre chemin. Une analyse des relations internationales qui, comme tout bon investissement, demande de bien comprendre les risques et les opportunités cachées !
En bref :
- 🤝 L’Inde, un partenaire démocratique rêvé : Pendant des décennies, Washington a misé sur l’Inde, la « plus grande démocratie du monde », comme un allié naturel face aux autoritarismes.
- 💔 Le non-alignement historique : Malgré les espoirs américains, l’Inde a toujours su garder ses distances, notamment pendant la Guerre Froide, préférant une voie indépendante.
- 🐉 La menace chinoise, un catalyseur de rapprochement : L’émergence de la Chine a resserré les liens, poussant Washington à accorder à l’Inde des privilèges inédits (nucléaire civil, statut de PMD).
- 🇮🇳 Les valeurs démocratiques indiennes sous le feu des critiques : L’administration Modi a soulevé des doutes sur l’engagement de l’Inde envers le libéralisme, compliquant la rhétorique des « valeurs partagées ».
- 💲 L’ère Trump et la fin de « l’altruisme stratégique » : Avec son second mandat, Trump a brutalement réorienté la politique étrangère américaine, passant d’un soutien inconditionnel à une approche transactionnelle, imposant tarifs et pressions à l’Inde.
- 📉 Le déclin américain perçu et la « bataille pour la deuxième place » : L’inquiétude de Washington face à son propre déclin relatif a transformé les alliés en « ressources » et potentiellement en rivaux, l’Inde devenant une cible privilégiée.
- 🔄 L’Inde se réaligne : Face à l’incertitude américaine, New Delhi cherche désormais à diversifier ses alliances et à renforcer son « autonomie stratégique », même avec Pékin et Moscou.
Quand Washington voyait l’Inde comme un investissement démocratique 🤝
Pendant une vingtaine d’années, Washington a placé de grands espoirs sur l’Inde, la considérant comme une future superpuissance. Avec sa population gigantesque, ses ressources abondantes et son statut de plus grande démocratie mondiale, elle était perçue comme un pilier stratégique essentiel. L’idée était simple : des principes démocratiques communs devaient cimenter une relation américano-indienne durable, indispensable face à l’expansion des régimes autoritaires. C’était un peu comme investir dans une entreprise prometteuse, en misant sur ses valeurs fondamentales pour assurer un succès à long terme.
Les dirigeants américains, en particulier les démocrates, ont longtemps chanté les louanges des institutions indiennes, y voyant la justification parfaite pour un soutien indéfectible de Washington envers New Delhi. Mais cette belle mélodie a parfois résonné de fausses notes.
Un soutien initial pour forger une alliance durable ? 🤔
L’histoire de ce soutien n’est pas nouvelle. En 1958, le sénateur John Kennedy, soucieux de contenir la propagation du communisme, avait poussé à une augmentation significative de l’aide à l’Inde, une jeune démocratie. Et il a eu gain de cause ! Sous la présidence de Dwight Eisenhower, entre 1957 et 1960, l’aide américaine a bondi de 400 à 822 millions de dollars. Un geste fort, une véritable main tendue.
Eisenhower lui-même, lors de l’inauguration de la Foire mondiale de l’agriculture à New Delhi en décembre 1959, avait déclaré avec conviction : « Tout ce qui renforce l’Inde, mon peuple en est convaincu, nous renforce également en tant que république sœur dédiée à la paix. » Six mois plus tard, un accord historique de 1,28 milliard de dollars d’aide alimentaire était signé, preuve d’un engagement profond. C’était une période où l’on espérait que la générosité américaine scellerait une amitié durable, un peu comme un partenariat commercial solide se construit sur la confiance initiale.
L’Inde, une démocratie non-alignée : premières désillusions 🚩
Cependant, si Kennedy et Eisenhower rêvaient d’une Inde alliée, ils se sont rapidement heurtés à la réalité d’une politique étrangère indienne farouchement indépendante. Dès 1954, le Premier ministre Jawaharlal Nehru avait clairement affirmé le non-alignement de son pays dans la Guerre Froide. Une position qui, avouons-le, avait quelque peu irrité le président Eisenhower. Puis, sous Kennedy, les tentatives de rapprochement se sont soldées par un échec, Nehru refusant toute intégration dans l’orbite américaine.
Les successeurs de Kennedy ont également goûté à l’amertume des frustrations. Lyndon Johnson n’avait guère apprécié les critiques d’Indira Gandhi concernant l’implication américaine au Vietnam en 1966. Et que dire du « traité d’amitié » signé par Gandhi avec Moscou en 1971 ? Un coup de tonnerre pour Henry Kissinger. Même en 1980, le soutien de l’Inde à l’invasion soviétique de l’Afghanistan avait rendu Jimmy Carter « furieux ». On voit bien que les relations internationales ne sont pas un long fleuve tranquille, même entre « démocraties sœurs ». New Delhi a toujours eu sa propre lecture de la géopolitique, privilégiant ses intérêts à une allégeance stricte.
Le pragmatisme face à la Chine : un rapprochement stratégique vital 🐉
Malgré ces épisodes de désaccord, les relations américano-indiennes ont connu un tournant majeur après 2001, sous la présidence de George W. Bush. Si Bill Clinton avait déjà initié un dégel, la persistance de l’Inde à conserver son arsenal nucléaire restait un point de friction majeur. Mais avec la montée en puissance de la Chine, la donne a changé. L’impératif de créer un contrepoids en Asie a primé sur d’autres considérations.
C’est un peu comme un investisseur qui, face à un nouveau risque systémique, réévalue son portefeuille et cherche de nouveaux actifs, même s’ils ne correspondent pas parfaitement à ses critères initiaux. La Sécurité régionale est devenue la priorité.
Quand les intérêts géopolitiques surpassent les idéaux démocratiques 🚀
L’Inde, avec ses longs différends frontaliers avec la Chine, le soutien de Pékin au Pakistan et son influence grandissante, partageait les inquiétudes de Washington. Les États-Unis, de leur côté, voyaient en la Chine une menace croissante pour leurs alliés et pour l’ordre mondial basé sur la primauté américaine. Sur ce point précis, les intérêts nationaux des deux pays convergeaient de manière éclatante. La nécessité de maintenir un « équilibre des pouvoirs favorable à la liberté » est devenue le moteur de cette nouvelle ère de diplomatie.
Pour New Delhi, affronter une Chine trop puissante nécessitait de revitaliser sa propre force, et elle savait qu’elle ne pourrait pas le faire seule. Les faiblesses institutionnelles et une culture stratégique passive entravaient une accumulation rapide de puissance. Le soutien américain est apparu comme le levier essentiel, pouvant faire la différence entre une stratégie gagnante et un pari perdu. C’est ici que l’idée d’un pilier stratégique indien est devenue plus concrète, alimentée par une convergence d’intérêts bien au-delà des valeurs partagées.
Des avantages sur mesure pour New Delhi : l’exception indienne 🎁
L’administration Bush a compris la situation délicate de l’Inde. Après de rudes négociations, Washington a mis de côté sa politique de non-prolifération pour renforcer la puissance indienne. En 2001, les sanctions post-essais nucléaires de 1998 ont été levées. Ensuite, le Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) a accordé à l’Inde une exemption spéciale, la transformant en une exception unique au régime international de contrôle des armements. Un peu comme si l’on offrait un accès privilégié à un club très sélect, sans exiger l’adhésion pleine et entière à toutes les règles !
Cette coopération s’est étendue à des domaines sensibles, comme l’énergie nucléaire civile, les programmes spatiaux, le commerce de haute technologie et la défense antimissile. L’administration Obama a même soutenu la candidature de l’Inde à un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU et l’a désignée comme Partenaire Majeur de Défense (PMD) en 2016. Ce statut a permis à l’Inde d’accéder à des ventes d’armes et des transferts de technologies américains quasi identiques à ceux d’un allié, sans pour autant signer d’alliance militaire formelle. Une véritable aubaine, n’est-ce pas ?
New Delhi a également bénéficié d’une politique de « deux poids, deux mesures » sur les sanctions secondaires. Elle a été exemptée pour son implication dans le port iranien de Chabahar, et le Congrès américain a même voté une loi spécifique pour lui permettre de déployer des systèmes de défense aérienne S-400 russes sans déclencher de sanctions. C’était clair : une Inde forte était dans l’intérêt de Washington, même si elle affichait souvent une position indépendante. Cet « altruisme stratégique » reposait sur la conviction que les dividendes à long terme de l’ascension de l’Inde compenseraient les coûts à court terme. Les États-Unis étaient prêts à faire preuve de tolérance, pourvu que l’Inde continue sa progression. On peut dire que les relations internationales avaient leurs faveurs !
- 🤝 Levée des sanctions nucléaires : Washington a mis fin aux pénalités contre l’Inde après ses essais de 1998.
- ⚛️ Accord nucléaire civil : Une exemption unique permettant à l’Inde d’importer technologie et combustible nucléaires tout en gardant son arsenal.
- 🚀 Soutien au Conseil de Sécurité de l’ONU : Obama a appuyé la candidature de l’Inde à un siège permanent.
- 🛡️ Statut de Partenaire Majeur de Défense (PMD) : Accès privilégié aux technologies et ventes d’armes américaines.
- 🇷🇺 Exemptions de sanctions sur les S-400 russes : Une preuve de la souplesse américaine face aux achats indiens.
- ⛽ Pas de sanctions pour le port de Chabahar (Iran) : Une tolérance américaine pour les projets d’infrastructure indiens stratégiques.
Les fissures de la « plus grande démocratie » : valeurs contestées et alliances nuancées 😬
Malgré l’optimisme de Washington, l’Inde a parfois déçu, comme un investissement qui ne rapporte pas les rendements escomptés. Gandhi avait frustré Roosevelt en priorisant l’indépendance à la guerre. Pendant la Guerre Froide, New Delhi a cultivé des liens chaleureux avec Moscou, puis a continué de le faire après, refusant de coopérer sur l’Iran et ignorant la situation au Myanmar. Plus récemment, en 2022, elle a évité de condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie, s’abstenant lors des votes cruciaux à l’ONU et augmentant même ses achats d’énergie russe.
Fonder les relations internationales sur les seules valeurs démocratiques est devenu de plus en plus problématique, car même la notion de valeurs communes s’est brouillée. C’est un peu comme si les fondations d’un projet immobilier se révélaient moins solides que prévu, obligeant à revoir tout le plan.

La « démocratie modèle » indienne sous le feu des critiques 🔥
Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, la crédibilité démocratique de l’Inde a été sérieusement mise en question. La « plus grande démocratie du monde » a vu une montée des violences envers sa minorité musulmane, souvent encouragée par des figures politiques influentes. C’est une divergence frappante avec les valeurs libérales que l’Inde prétend défendre et que Washington souhaitait ardemment promouvoir. Les victoires éclatantes du parti Bharatiya Janata (BJP) en 2014 et 2019 ont marqué un affaiblissement des institutions de contrôle et une politisation de la bureaucratie civile.
Modi, lui-même affilié au Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) – une organisation d’inspiration fasciste aspirant à imposer une identité exclusivement hindoue à l’Inde – n’admet aucune critique des médias, du monde académique ou de la société civile. Les tentatives de priver des millions de résidents musulmans de leur citoyenneté, le bâillonnement de la presse et le silence imposé aux voix de l’opposition ont jeté une ombre sur cette image idyllique. Comment concilier ces réalités avec le discours de « valeurs partagées » ? Un véritable casse-tête pour la diplomatie américaine, et un enjeu diplomatique de taille !
Biden et le grand écart : valeurs démocratiques contre impératifs stratégiques 🤸♂️
L’administration Biden, qui s’était présentée comme une championne des idéaux démocratiques, s’est retrouvée sur une corde raide. Comment défendre la démocratie tout en renforçant les liens avec une Inde dont l’engagement libéral est remis en question ? La réponse a été pragmatique : face à la pression croissante de la Chine, Washington a continué de renforcer la Sécurité et les liens technologiques avec New Delhi. L’Initiative sur les technologies critiques et émergentes (iCET) de Biden a par exemple assoupli les contrôles à l’exportation et les restrictions sur les transferts de technologie, offrant à l’Inde un « accès interne » à l’IA, aux semi-conducteurs et à l’énergie nucléaire. C’est la stratégie du « Friend-shoring » via l’IPEF, visant à remplacer la capacité manufacturière chinoise.
Même si en janvier 2022, la Maison Blanche affirmait que ces initiatives étaient guidées par « nos valeurs démocratiques partagées », les actes de Modi, comme l’éviction d’opposants politiques du Parlement en mars 2023, ont de nouveau semé le doute. Malgré ces déceptions, Biden a persisté, invitant Modi aux sommets sur la démocratie. Le paradoxe est patent : tout en affirmant que la relation est forte « parce qu’il s’agit d’une relation entre nos démocraties », New Delhi maintenait des liens avec la junte militaire birmane, jouait un rôle actif au sein des BRICS (critiques de l’Occident) et continuait de soutenir Moscou, comme en témoignent ses achats de systèmes de défense S-400 juste avant la guerre en Ukraine. La géopolitique est un art de la contorsion !
Le coup de semonce de Trump : l’ère de l' »Amérique d’abord » et la fin des faveurs 💥
Mais ce modèle de traitement préférentiel a brutalement pris fin avec l’arrivée de Trump à la Maison Blanche pour son second mandat. L’Inde, longtemps considérée comme un partenaire choyé, s’est retrouvée reléguée au rang de pays stratégiquement délaissé. C’est un peu comme un client fidèle qui, du jour au lendemain, voit son statut VIP révoqué sans préavis ! La générosité de Washington, autrefois une démarche consciente basée sur un calcul stratégique, s’est transformée en un calcul beaucoup plus égoïste. La politique étrangère a pris un virage serré.
Le Premier ministre Modi, qui espérait en février 2025 résoudre les différends commerciaux et porter les échanges bilatéraux à 500 milliards de dollars d’ici 2030, a dû déchanter. Malgré les promesses d’un « avantage tarifaire » pour l’Inde, les exportations indiennes vers les États-Unis ont été frappées d’un droit de douane de 25 %, puis d’un autre 25 % pour leurs achats de pétrole russe, atteignant un total de 50 % ! Un niveau bien supérieur à celui imposé à la Chine. Le récit de l’Inde comme destination privilégiée pour la délocalisation industrielle a volé en éclats.
L’audit stratégique : alliés ou « ressources essentielles » ? 📊
Ce changement brutal, bien que partiellement attribué au style de Trump ou à la gestion du gouvernement Modi, trouve une explication plus profonde dans « l’inquiétude de l’administration Trump face au déclin de la puissance américaine ». Selon Mao Keji, expert chinois, les États-Unis et l’Inde pourraient même se retrouver dans une « bataille pour la deuxième place », la Chine étant devenue le numéro un incontestable. Le mouvement MAGA, qui soutient Trump, martèle que la position de l’Amérique est en péril et qu’elle doit se concentrer sur sa « survie nationale ».
Dans cette optique, Washington a adopté une attitude plus prudente envers ses rivaux traditionnels comme la Chine et la Russie. L’endiguement agressif est devenu trop coûteux. La Chine et la Russie sont désormais perçues comme des acteurs avec lesquels il faut « coexister », voire « collaborer ». Cette vision « L’Amérique d’abord » a remis en cause le pacte d’après-guerre : les États-Unis n’acceptent plus des charges asymétriques pour leurs alliés. Les alliances ne sont plus des fins en soi, mais des moyens. Les alliés, y compris l’Inde, sont devenus des « ressources essentielles pour soulager la pression et assurer la survie des États-Unis ». La question n’était plus « Que peut faire l’Inde pour la Chine ? », mais « Que peut faire l’Inde pour les États-Unis ? »
L’Inde, cible facile ? Tarifs, visas et rhétorique abrasive 🎯
L’Inde, malgré son importance, ne dispose pas des mêmes capacités matérielles que le Japon ou l’Europe pour faire des concessions. Et elle n’a pas non plus souhaité se soumettre pleinement à Washington. Ses tergiversations sur les sanctions contre la Russie ou sa participation aux BRICS sont devenues « intolérables » pour une administration Trump obnubilée par ses « audits stratégiques ». Ce que l’on appelait autrefois l' »altruisme stratégique » a fait place à une « psychologie de compensation » où les États-Unis, en « créancier », cherchaient à récupérer les avantages et privilèges accordés. Un changement radical dans les relations internationales.
La capacité de l’Inde à acheter du pétrole russe n’était plus perçue comme de l’habileté diplomatique, mais comme le résultat d’exemptions américaines. Le refus de Modi d’accorder à Trump la reconnaissance qu’il estimait due pour son rôle dans le cessez-le-feu indo-pakistanais, tout en participant à des mécanismes comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS, a fait de l’Inde une « ingrate » aux yeux de Washington. Les accusations fusent : Peter Navarro a qualifié la crise ukrainienne de « guerre de Modi » et l’Inde de « blanchisserie pour le Kremlin ». Scott Bessent a trouvé les profits indiens sur le pétrole russe plus « répréhensibles » que ceux de la Chine, et Howard Lutnick a simplement décrit l’Inde comme « un pays qui a besoin d’être redressé ». Ambiance !
La rhétorique s’est faite provocatrice et insultante. Trump a déclaré l’économie indienne « morte » et a attaqué le pays pour son commerce de pétrole russe, l’accusant de « se moquer éperdument du sort des Ukrainiens ». Les restrictions sur les visas H-1B (dont les Indiens représentent 71% des bénéficiaires) et l’externalisation des services sont devenues des armes économiques. Le Congrès américain a même présenté le « Halting International Relocation of Employment Act (HIRE Act) », proposant une taxe de 25% sur les paiements aux prestataires de services étrangers, menaçant le secteur technologique indien de 260 milliards de dollars. La complaisance indienne sur sa propre force, sa structure économique similaire à celle des États-Unis, et la visibilité de sa diaspora occidentale l’ont paradoxalement transformée en cible des mouvements populistes occidentaux. Un enjeu diplomatique brûlant !
Vers un nouvel échiquier géopolitique : l’Inde entre réalignement et autonomie stratégique 🔄
Cette dégradation brutale des relations indo-américaines a secoué l’élite stratégique indienne, faisant craindre que « les efforts déployés par les États-Unis au cours des deux dernières décennies pour améliorer les relations indo-américaines ont été anéantis par la politique indienne de Trump ». L’Inde, en très peu de temps, est passée de pays courtisé à cible de pressions maximales. C’est un retournement de situation qui force à reconsidérer toute la stratégie. Il est important, pour naviguer dans ces eaux troubles, de toujours prendre un RDV avec un conseiller financier avant tout investissement. Prendre un RDV avec un conseiller.
L’une des explications, loin des clichés, pointe du doigt la prise de conscience par l’Inde de ses propres limites. Comme le souligne Sidharth Raimedhi, la Chine a creusé son avance sur l’Inde, rendant son rôle de « contrepoids » moins crédible. Ashley J. Tellis ajoute que même en 2047, l’Inde aura toujours besoin d’aide extérieure pour affronter la Chine. Ce constat de la puissance nationale indienne, couplé au déclin relatif des États-Unis face à la Chine, redéfinit les attentes et les postures. La géopolitique est un mouvement constant.
New Delhi à la croisée des chemins : quel partenaire pour demain ? 🛣️
Les décideurs politiques indiens se demandent désormais s’ils peuvent encore compter sur un Washington qui semble avoir abandonné l’ordre international libéral et manifesté peu d’enthousiasme pour un « altruisme stratégique » continu. Les guerres commerciales de Trump avec le Japon et l’UE, ainsi que ses décisions unilatérales sur la Corée du Nord ou l’Afghanistan, ont semé le doute. L’Inde, qui avait tant investi dans cette relation, se retrouve face à l’incertitude. Elle a déjà commencé à diversifier sa stratégie internationale, rétablissant des liens avec Pékin et Moscou.
En juin 2018, Modi a relancé le concept d' »autonomie stratégique », une expression indienne qui signifie maintenir de bonnes relations avec les États-Unis sans s’aliéner la Chine ni la Russie. C’est un signe fort d’une crise de confiance. Les inquiétudes concernant les visas H1-B, les barrières commerciales sur les produits agricoles et manufacturés (liées à l’initiative « Make in India ») et les restrictions sur la collecte de données pour les entreprises américaines en Inde, tout cela contribue à un climat tendu. Le secteur des services indien, pilier de son économie, est particulièrement visé, menaçant la stabilité macroéconomique du pays. Pour une analyse plus globale des reconfigurations stratégiques, on peut se pencher sur la géopolitique dans des régions clés, comme en témoigne la situation dans l’Arctique ou au Groenland.
La « bataille pour la deuxième place » : un futur incertain pour les relations indo-américaines 🥈
La nouvelle Stratégie de Sécurité Nationale des États-Unis, publiée récemment, marque une inflexion nette : la Chine n’est plus la menace principale, mais un « concurrent économique ». L’économie est devenue « l’enjeu ultime » de la rivalité sino-américaine. C’est un aveu implicite que les États-Unis ne disposent plus, seuls, de la puissance nécessaire pour contenir la Chine et cherchent une coalition économique. Cette fin du « libéralisme missionnaire américain » est une rupture majeure.
La raison principale de la détérioration des relations entre les États-Unis et l’Inde réside dans le fait que « l’inquiétude de l’administration Trump face au déclin de la puissance américaine » a supplanté sa « préoccupation face aux menaces géopolitiques extérieures ». Tant que Washington restera préoccupé par son déclin relatif, la concurrence indienne deviendra inévitable, surtout qu’une future « bataille pour la deuxième place » entre les deux pays n’est pas exclue. Le déclin relatif des États-Unis, conjugué à la montée en puissance de l’Inde et à la domination de la Chine, pourrait même entraîner un réalignement géopolitique fondamental en faveur de la Chine. Un scénario qui, pour l’Inde, demande une diplomatie agile et une grande clairvoyance pour naviguer entre les superpuissances.
Pourquoi Washington a-t-il revu sa politique envers l’Inde sous le second mandat de Trump ?
La révision de la politique américaine est principalement due à une préoccupation croissante de l’administration Trump concernant le déclin de la puissance des États-Unis. Cette anxiété a mené à une approche plus égocentrique et transactionnelle, où les alliés sont vus comme des
Quels ont été les principaux points de friction entre les États-Unis et l’Inde récemment ?
Les frictions se sont intensifiées autour des droits de douane (les exportations indiennes étant soumises à des taxes élevées), des restrictions sur les visas H-1B et l’externalisation des services (impactant l’économie indienne), et des positions de l’Inde sur la géopolitique (achats de pétrole russe, non-condamnation de l’invasion de l’Ukraine, participation à des groupes comme les BRICS). La rhétorique américaine s’est également faite plus provocatrice.
Comment l’Inde a-t-elle réagi à ce changement de politique étrangère américaine ?
Face à cette nouvelle donne, l’Inde a commencé à diversifier sa stratégie internationale. Le Premier ministre Modi a relancé le concept d’
Le statut démocratique de l’Inde est-il toujours un facteur de rapprochement avec les États-Unis ?
Historiquement, les valeurs démocratiques communes ont été un pilier stratégique de la relation. Cependant, sous l’administration Modi, la crédibilité de l’Inde en tant que démocratie libérale a été sérieusement remise en question, notamment en raison de politiques affaiblissant les institutions et ciblant les minorités. Si l’administration Biden a tenté de maintenir cette rhétorique, les actions indiennes ont rendu difficile de justifier un partenariat basé uniquement sur des valeurs partagées, faisant de cet aspect un véritable enjeu diplomatique.
Quel rôle la Chine joue-t-elle dans cette évolution des relations indo-américaines ?
Initialement, la montée en puissance de la Chine a été le principal moteur du rapprochement indo-américain, les deux pays voyant en Pékin un concurrent commun. Cependant, sous Trump, la compétition avec la Chine est devenue principalement économique, et les États-Unis ont redéfini leurs attentes envers leurs alliés. Ironiquement, l’inquiétude américaine concernant une future « bataille pour la deuxième place » avec l’Inde, alors que la Chine est perçue comme dominante, a aussi contribué à une perception plus méfiante de Washington envers New Delhi.
Il est important de prendre rendez-vous avec un conseiller financier avant tout investissement, pour une analyse personnalisée et éclairée de vos objectifs. Prendre un RDV avec un conseiller


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